Page images
PDF
EPUB

facturière; elle a donc pu soutenir tous les

choCS et RESTER ELLE-MÊME.

Eu dernier résultat, Messieurs, la somme des richesses que possède une natiou n'est que la réunion des produits du travail de chaque individu. Plus ce travail sera grand par sa masse, perfectionné par de bonnes méthodes, encouragé par de grands exemples, plus une nation sera riche et ses habitaus heureux ! ce n'est donc point la quantite plus oa moins grande de son numéraire qui la rendra plus forte ou plus riche. Je ne citerai que cet exemple:

L'Espagne,avant la découverte de l'Amérique , était beaucoup plus peuplée qu'elle ne l'est aujourd'hui; son territoire naturellement fertile était mieux cultivé; car elle était dans la nécessité de pourvoir elle-même à la plus grande partie de ses besoins. Aussitôt que les mines du Nouveau-Monde ont pu lui fournir une quantité énorme de métaux précieux; aussitôt qu'elle a pu se procurer, sans travail, par le travail des autres nations, tous les objets de luxe et une partie des articles de première necessité, son industrie s'est arrêtée 5 l'indolence a remplacé l'activité. L'or n'a fai t que passer par ses mains oisives pour aller se placer dans les mains laborieuses des peuples voisins qui la dispensaient du travail.

La terre doit au travail toute sa fécondité; plus les bras qui la cultivent sont nombreux, plus les produits qu'elle donne sont abondans. C'est donc une idée très-fausse que celle que j'entends quelquefois exprimer, que des guerres sont nécessaires pour diminuer l'excis de la population. Il serait facile de convaincre de leur erreur les partisans de cette opinion. Qu'ils nous disent quand la terre manquera aux mains laborieuses qui voudront la cultiver. Qu'ils nous montrent, dans leur pays, des contrées qui n'ont plus de landes à défricher , de marais à rendre à la culture de terres fertiles dont on ne puisse doubler la fertilité.

J'entends dire aussi que l'invention des machines diminue le nombre des bras employés et produit la mendicité; la réponse est facile : les machines aident le travail manuel; elles produisent à moins de frais de plus grands résultats; elles donnent au pauvre, comme au riche, le moyen de se procurer les agrémens de la vie : qui d'entre

nous ne voit pas avec un plaisir vivement senti, les cultivateurs, les ouvriers et leurs familles, non plus sous les haillons de la misère, mais vêtus avec une propreté qui annonce l'aisance et qui conserve la santé? le bon marché de ces produits fait qu'ils se consomment en plus grande quantité et donnent de l'ouvrage à plus de bras. L'Espagne et l'Italie employent moins de machines que la France, et cependant j'ai vu dans ces deux pays un plus grand nombre de mendians La mendicité est fille de la paresse, de l'ignorance et de la superstition.

Le travail au contraire ( et par travail j'entends l'utile emploi de tous les moyens que le Créateur nous a donnés ), le travail est un des élémens du vrai bonheur; il est l'ami de l'ordre et des bonnes mœurs, en même temps qu'il combat l'ennui, cet éternel ennemi de celui qui n'a plus de besoins réels à satisfaire.

L'activité physique et morale est tellement inhérente à l'espèce humaine, que je ne conçois pas de malheur plus positif que ce désœuvrement total, que cette oisiveté décourageante qui devient une espèce de mort

anticipée. Cette punition de l'oisiveté n'est jamais Je partage de ceux qui s'occupent de la prospérité de leur patrie; que celle de la France soit notre but et notre récompense! C'est cette heureuse direction donnée aux actions des hommes qui constitue l'esprit public, cet esprit vivifiant des peuples libres qui fait qu'une nation est l'exemple, et tout à la fois l'admiration des autres nations.

Vous concevez , Messieurs , quel développement je pourrais donner à ces idées; mais je craiuJrais d'éloigner le moment où des lectures d'un intérêt plus vif vont réclamer l'attention d'une assemblée si digne de les entendre, et de les apprécier.

[graphic]

COMPTE RENDU

DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ,

PENDANT L'ANNÉE 1819, Shw 971/ C^QITOT, Vict)-<$ecrétaLro.

Messieurs ,

Jjes occupations étrangères à notre Société, mais dont vous avez reconnu l'importance, n'ont pas permis à M.r Doptjis, votre Secrétaire actuel, de préparer le compte de vos travaux pendant 1819.

Comme Vice-Secrétaire je me trouve appelé à le remplacer.

Admis depuis moins d'une année au milieu de vous, je me vois tout-à-coup chargé d'une tâche inattendue : le zèle ne supplée pas l'expérience; ce n'est donc point par une formule de modestie, c'est bien sincèrement que je réclame votre indulgence.

« PreviousContinue »