De l'hellénisme chez Fénelon

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A. Fontemoing, 1897 - Comparative literature - 312 pages
 

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Page 5 - La Grèce entière s'ouvre à moi ; le sultan effrayé recule ; déjà le Péloponnèse respire en liberté, et l'église de Corinthe va refleurir : la voix de l'apôtre s'y fera encore entendre. Je me sens transporté dans ces beaux lieux et parmi ces ruines précieuses pour y recueillir, avec les plus curieux monuments, l'esprit même de l'antiquité. Je cherche cet aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu. Mais le profane vient après le sacré, et je ne dédaigne pas...
Page xxix - Pourtant t'avertis-je que la version ou traduction est aujourd'hui le poème le plus fréquent et mieux reçu des estimés poètes et des doctes lecteurs, à cause que chacun d'eux estime grande œuvre et de grand prix rendre la pure et argentine invention des poètes, dorée et enrichie de notre langue. Et vraiment celui et son œuvre méritent grandes louanges, qui a pu proprement et naïvement exprimer en son langage ce qu'un autre avait mieux écrit au sien, après l'avoir bien conçu en son...
Page xxvi - Voilà sans doute de quoi faire récrier tous ces messieurs. Mais que dirait cependant le petit nombre de gens sages auxquels je m'efforce de plaire? De quel front oserais-je me montrer, pour ainsi dire, aux yeux de ces grands hommes de l'antiquité que j'ai choisis pour modèles?
Page 157 - Enfin on voit au-dessous de ces pâturages le pied de la montagne , qui est comme un jardin : le printemps et l'automne y régnent ensemble, pour y joindre les fleurs et les fruits. Jamais, ni le souffle empesté du midi qui sèche et qui brûle tout, ni le rigoureux aquilon, n'ont osé effacer les vives couleurs qui ornent ce jardin.
Page 212 - J'avais néanmoins encore je ne sais quelle aversion pour le sage Ulysse, par le souvenir de mes maux; et sa vertu ne pouvait apaiser ce ressentiment : mais la vue d'un fils qui lui ressemble . et que je ne puis m'empêcher d'aimer, m'attendrit le cœur pour le père même.
Page 50 - L'harmonie qui ne va qu'à flatter l'oreille n'est qu'un amusement de gens faibles et oisifs, elle est indigne d'une république bien policée : elle n'est bonne qu'autant que les sons y conviennent au Sens des paroles, et que les paroles y inspirent des sentiments vertueux.
Page viii - L'éducation des garçons passe pour une des principales affaires, par rapport au bien public; et quoiqu'on n'y fasse guère moins de fautes que dans celle des filles , du moins on est persuadé qu'il faut beaucoup de lumières pour y réussir. Les plus habiles gens se sont appliqués à donner des règles dans cette matière ; combien voit-on de maîtres et de collèges!
Page 55 - J'entends dire que les Anglais ne se refusent aucun des mots qui leur sont commodes : ils les prennent partout où ils les trouvent chez leurs voisins. De telles usurpations sont permises. En ce genre, tout devient commun par le seul usage. Les paroles ne sont que des sons, dont on fait arbitrairement les figures de nos pensées. Ces sons n'ont en eux-mêmes aucun prix.
Page 280 - N'ont-elles pas des devoirs à remplir, mais des devoirs qui sont les fondements de toute la vie humaine ? Ne sont-ce pas les femmes qui ruinent et qui soutiennent les maisons, qui règlent tout le détail des choses domestiques, et qui, par conséquent, décident de ce qui touche de plus près à tout le genre humain ? Par là, elles ont la principale part aux bonnes ou aux mauvaises mœurs de presque tout le monde.
Page 225 - Le discours chrétien est devenu un spectacle. Cette tristesse évangélique qui en est l'âme ne s'y remarque plus : elle est suppléée par les avantages de la mine , par les inflexions de la voix , par la régularité du geste , par le choix des mots, et par les longues énumérations.

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