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vain, car je n'ai point de récompense à attendre de Dieu; je n'ai encore, qui ne le sait ? rien fait pour lui.' So she writes in that first letter which has been the inspiration of so many copyists :

'Au nom de celui auquel tu t'es consacré, au nom de Dieu même, je t'en supplie, rends-moi ta présence, autant qu'il est possible en m'envoyant quelques lignes de consolation ; si tu ne le fais pour moi, fais-tu du moins pour que, puisant dans ton langage des forces nouvelles, je vaque avec plus de ferveur au service de Dieu! ... Encore une fois, je t'en supplie, pèse ce que tu vois, considère ce que je demande, et je termine d'un mot cette longue lettre. Adieu, mon tout.' • Garde-toi de penser que je suis guérie,' the confession of ineffectual renunciation, is written, as never before, in the pages of that most desolate correspondence inscribed by her'à son maître, ou plutôt à son père; à son époux, ou plutôt à son frère; sa servante, ou plutôt sa fille ; son épouse, ou plutôt sa sœur; à Abélard, Héloïse,' where the responses of Abélard à Héloïse sa bien-aimée 'smur en Jésus-Christ,' responses of the spiritual preceptor en route for the rewards of his more jealous God, fall heavily upon the ear.

It is a far cry indeed from the strong despair of Héloise to the unwilling suffering of Marianna Alcaforada. Victim, in her desertion, of a vulgar aventure de galanterie, her passion has nothing, save its sincerity, in common with the passion of Héloïse. The story is pitiful enough. "J'étois

jeune, j'étois crédule ; on m'avait enfermée dans ce couvent • depuis mon enfance.' Her Don Juan had been victor without a battle, a conqueror where there was no enemy to combat.

'Il falloit que, dans ces moments trop heureux, j'appelasse ma raison à mon secours ... mais je me donnois toute à vous. . . . Je m'apercevois trop agréablement que j'étois avec vous pour penser que vous seriez un jour éloigné de moi. Je me souviens pourtant de vous avoir dit quelquefois que vous me rendriez malheureuse; mais ces frayeurs étoient bientôt dissipées, et je prenois plaisir à vous les sacrifier, et à m'abandonner à l'enchantement et à la mauvaise foi de vos protestations.' Here Fate, as usual, is the initial scapegoat upon whose shoulders she charges the misdeeds of her lover-' je ne vous 'impute rien ... j'accuse seulement la rigueur de mon

déstin,' but, and in this lies the redeeming moral quality of the letters, as the gradual certainty of her betrayal grows upon her, she sets Fate aside and looks the true delinquent in the face. Her contempt for her lover, her contempt for the inferiorities of loves lesser than her own, her impenitence for past joys no present misery can annul, break, ever and again, the monotony of her lamentations :

Vous êtes plus à plaindre que je ne suis. . . . Je n'envie point votre indifférence, et vous me faites pitié. Je vous défie de m'oublier entièrement. Je me flatte de vous avoir mis en état de n'avoir sans moi que des plaisirs imparfaits ... Je ne me repens point de vous avoir adoré ... je vous remercie dans le fond de mon cœur du désespoir que vous me causez, et je déteste la tranquillité où j'ai vécu avant que je vous connusse.' Then, as the brand of her love refused flames into hate :

Il faut avouer que je suis obligée à vous haïr mortellement,' she cries. 'Si quelque hasard vous ramenoit en ce pays, je vous déclare que je vous livrerois à la vengeance de mes parents.' Nor do we doubt for a moment that, circumstances permitting, Marianna, dévote as she became, would have kept her promise to the letter. But life was over for Marianna, M. de Chamilly was no more likely to return for her hate than for her devotion, and ‘quand même je pourrois espérer quelque amusement dans un nouvel engagement, et que je trouverois quelqu'un de bonne foi, j'ai tant de pitié de moi-même que je ferois beaucoup de scrupule de mettre le dernier homme du monde en l'état où vous m'avez reduite,' she had written to her lover in an earlier letter, and here, in this last, coupled with the desire for revenge, remorse of conscience has overtaken her to seal her renunciation of any hopes of mundane consolations :

"J'ai vécu longtemps dans un abandon et dans une idolâtrie qui me donne de l'horreur, et mon remords me persécute avec une rigueur insupportable. Je sens vivement la honte des crimes que vous m'avez fait commettre, et je n'ai plus, hélas ! la passion qui m'empêchoit d en connoître l'énormité.' The sincerity of her remorse was indeed attested by thirty long years of penance, when, we may trust, she found the kingdom of heaven more open to her vehement endeavour than the heart of man.

And yet, when all is said, her letters, with their unrestrained violence, wear but a pale complexion of passion beside the condensed sentences in which Héloïse asserts her lifelong fidelity to that love which no devotion to God's service could displace from its supremacy in her soul :

Tu m'as enchaînée à Dieu avant toi-même. Cette défiance, la seule que tu m'aies jamais témoignée, me pénétra de douleur et de honte; moi qui, sur un mot, Dieu le sait, t'aurais, sans hésiter, précédé ou suivi jusque dans les abîmes enflammés des enfers ! Car mon cæur n'était plus avec moi, mais avec toi. Et si aujourd'hui plus que jamais il n'est pas avec toi, il est nulle part.

But, with all their shortcomings, Marianna's letters appealed with extraordinary effect to the taste of their age. And to gratify that taste invention dispensed with reality. Seven lettres portugaises,' attributed to 'une Dame du · Monde,' appeared within the year, and réponses were fabricated with as little delay as possible, ' pure imitation 'ou frivole jeu d'esprit,' of interest only as serving 'comme • termes de comparaison entre le cri de la passion et les 'modulations plus ou moins fausses des beaux esprits du "temps.'*

Pre-excellence in the art of the love-letter has not, however, been the monopoly of the cloister. All protessions, ranks, and nationalities have, here in an isolated example, there in a regular love-correspondence, entered the lists. Less than thirty years after the love-letters of Marianna had been written, and while in the royal convent of Our Lady of the Conception, Marianna was still diligently fulfilling her conventual obligations, Sophia Dorothea, the unfortunate wife of George I., was engaged in her perilous intrigue with Königsmarck, chronicling her passion, as fraught with sincerity as it was lacking in dignity, in the letters which have lately appeared in English dress. In the eighteenth century J.-J. Rousseau produced the work of which the preface announces the contents :

* J'ai vu les meurs de mon tems, et j'ai publié ces“ Lettres." Quoique je ze porte ici que le titre d'Editeur, j'ai travaillé molmême à ce livre, et je ne m'en cache pas. Ai-je fait le tout, et la correspondance entière est-elle une fiction? Gens du monde, que vous importe ? C'est sûrement une fiction pour vous. Tout honnête-homme doit avouer les livres qu'il publie. Je me nomme donc à la tête de ce recueil, non pour me l'approprier, mais pour en répondre.' And the Nouvelle Héloïse ou lettres de deux Amans' has taken its place amongst the letters' of classic fiction. While, returning to the province of reality-to cite some few of the many examples-to the early years of the nineteenth century belong the love-letters of Victor Hugo. They are letters which lay bare the profoundest devotion of the passionate child-heart of the great romance-maker

* Eugène Asse, Notices biographiques et littéraires.'

for his bride to be-Adèle Foucher-as in after years his correspondence betrays the same adoration for his wife that was—5 toi, qui est ma patrie,' as he, the patriot par excellence, cries, when all other words fail him and he seeks some all-comprehensive metaphor of speech in which to express a love which was at once a worship and a faith.*

And to continue in the domains of French literature—the language lending itself more readily than others to the exigencies of lovers—Balzac may be seen as the hero of his own love-story in his · Lettres à l'Étrangère,' and M. Prosper Mérimée appears as the original master of a new genre, a genre à part of the love-letter in his celebrated ‘Lettres à

une Inconnue’ (Mlle. Jenny Daquin). Balzac and Mérimée may be taken as representing the north and south poles of sentiment. Though a period of some eight years only elapsed between the beginnings of the two correspondences--the first letter of Balzac to Mme. Hanska is dated 1833, the earliest date given by Mérimée is 1841-more than a century might seem to have intervened as regards the feeling expressed and the manner of its expression. Like Hugo, Balzac still retains all the primitive expansiveness of passion ; Mérimée gives the very last word of reserve in sentiment.

Of Balzac's letters three examples may suffice. The first is a fragment written before his 5 espérance délicieuse d'une • longue et fervente amitié' (the sentence coincides curiously with Mérimée's offer to Mlle. Daquin of 'une bonne amitié

qui j'espère pourra être utile un jour à tous les deux ') has changed, as did also Mérimée's aspiration, into far other desires. It was written in the days when the face of the woman who was eventually to become his wife was still unknown to him, and has all the eloquence of a phantasmal emotion.

Il faut vous dire adieu, et quel adieu ! Cette lettre sera un mois peut-être en route, vous la tiendrez en vos mains, et je ne vous verrai peut-être jamais, vous que je caresse comme une illusion, qui êtes dans tous mes rêves comme une espérance et qui avez si gracieusement donné un corps à mes rêveries. Vous ne savez pas ce que c'est que de peupler la solitude d'un poète d'une figure douce dont les formes sont attrayantes par le vague même que leur prête l'indéfini. Un caur ardent et seul se prend si vivement à une chimère quand elle est réelle ! ... Adieu ; si mon rosier ne s'était défleuri, je vous eusse envoyé un de ses pétales.' ...

* Victor Hugo, ‘Lettres à la Fiancée.

Paris : 1901.

A year later friendship wears another guise :

Mon amour aimé, d'une seule caresse tu m'as rendu la vie. Oh! ma chérie, je n'ai pu ni dormir ni travailler. Perdu dans le sentiment de cette soirée je t'ai dit un monde de tendresses. ... Mon âme, tu as, par amour, deviné le délicieux langage de l'amour. Ange aime, n'obscurcis d'aucun doute les inspirations de l'amour. ... Mon amour n'a ni exaltation, ni plus, ni moins, ni quoi que ce soit de terrestre ... Je me réveille heureux de t'aimer; je me couche heureux d'être aimé. C'est la vie des anges .... And once again, in 1834 :

Dans dix ans, tu auras trente-sept ans et moi quarante-cinq, et a cet âge on peut s'aimer, s'épouser, s'adorer toute une vie. Allons, mon noble compagnon, ma chère Eve, jamais de doutes, vous me l'avez longtemps promis. Aimez avec confiance. Séraphita c'est nous deux. Déployons donc nos ailes par un seul mouvement; aimons .. la même manière. Je t'adore, sans voir ni en avant ni en arrière. 101, c'est le présent, c'est tout mon bonheur de toutes les minutes. ::: Cher ange, non, nous ne quitterons jamais la sphère de bonheur ou tu me fais un bonheur si complet. Aime-moi toujours, ô ma vie, o ma belle vie. . . . Je t'envoie une violette de mon jardin.

In such compositions Mérimée follows a very different model. The charm he imparts to them is that of the finest of steel engravings, and the delicacy, the sharpness, and the lightness of touch more than explain their reputation amongst his other works. Yet we must discriminate. They are the letters of a man in love—so far as love was possible to him; but they are not, or are but rarely in the same sense as the letters heretofore quoted, love-letters. The very nature of the sentiment they express has an indefinable and a somewhat equivocal quality special to itself. If the intelligence, the culture, the beauty, the coquetterie? of l'Inconnue represented for Mérimée an epitome of civilisation—it is his own word-she might well have retorted that his affection, in its complexity, its scepticism, and its irony, was for her the résumé of his age. “Le scepticisme produit

la mélancolie,' says Taine's preface to the letters. Mérimée had surfeited on the fruit of the tree and its bitterness had entered into his life, finding vent in many and various actions. For three years' space, he says, he had been vaurien par 'tristesse.'' Reading the correspondence one inight almost picture to oneself that it was for the same (inadequate) reason that he had set himself to the task of wooing Mlle. Daquinthat par tristesse only he had become a lover. He pleads the same excuse more than once. His angers, his malice, all, we are to believe (and it is not incredible), sprang from the same

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