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son fils, qui venoit d'être enrôlé parmi les soldats, cette arme parut embrassée, et jetta des flammes pendant plus de deux heures sans être consumée par le feu.* Plutarque, dans la vie de Lysandre, parle d'une apparence lumineuse qu'on doit rapporter à l'électricité: dans le chapitre trente deuxieme il fait encore mention de deux faits de cette nature. "In Siliciâ militibus aliquot spicula, in Sardiniâ muro circumeunti vigilias equiti, Scipionem, quem in manu tenuerat, arsisse, et littora crebris ignibus fulsisse." Les piques de quelques soldats en Sicile, et une canne que portoit à sa main un cavalier, en Sardaigne, parurent en feu. Les côtes furent aussi lumineuses, et brilloient de feux fréquens. Pline a observé le même phénomene. J'ai vu, dit-il, une lumiere sous cette forme, sur les piques des soldats qui étoient en faction la nuit sur les ramparts, vidi nocturnis militum vigiliis inhaerere pilis pro vallo fulgorem effigie ea-hominum quoque capiti vespertinis horis magno praesagio circumfulgent.† Cesar, dans ses Commentaires, rapporte que pendant la guerre d'Afrique, après un orage affreux, qui jetta toute l'armée Romaine dans le plus grand désordre, la pointe des dards d'un nombre de soldats brilla d'une lumiere spontanée ; phénomene que M. de Courtivront a appliqué le premier à l'électricité. Rapportons ici tout au long le passage de Cesar. Vers ce temps-la parut dans l'armée de Cesar un phénoméne extraordinaire, au mois de Fevrier: vers la seconde veille de la nuit il s'eleva subitement un nuage épais, suivi d'une grêle terrible; et la même nuit, les pointes des piques de la cinquième légion parurent s'enflammer.

*Tite Live, livre xliii.

Plin. Hist. Nat. lib. ii.

Histoire de l'Académie, 1752, page 10.

"Per id tempus ferè Caesaris exercitui res accidit incredibilis auditu, nempè vigiliarum signo confecto, circiter vigilia secunda noctis, nimbus cum saxea grandine subito est cohortus ingens; eâdem nocte legionis quintae cacumina sua sponte arserunt."*-Tous ces faits que nous venons de tirer des anciens, prouvent qu'on a dit avec raison, que pour juger sainment des ouvrages des anciens, il faut penser qu'il y a beaucoup de fabuleux dans leurs histoires, et beaucoup de vérité dans leurs fables; que nous croyons trop facilement les premiers, et que nous n'examinons pas assez les secondes pour entirer les vérités utiles qu'elles renferment. Joignons ici d'autres faits analogues, observés par les modernes, qui tous prouvent l'indentité rigoureuse qui regene le tonnerre et l'électricité.

Sur un des bastions du château de Duino, situè dans le Frioul, au bord de la mer Adriatique, il y a, de temps immèmorial, une pique dressèe verticalement la pointe en haut: dans l'été, lorsque le tems paroît tourné à l'orage, le soldat qui monte la garde en cet endroit, examine le fer de cette pique, en lui présentant de près le fer d'une hallebarde (brandistoco,) qui est toujours là pour cette êpreuve: et quand il s'appercoit que celui de la pique étincelle beaucoup, ou qu'il y a à sa pointe une petite gerbe de feu, il sonne une cloche qui est auprès, pour avertir les gens qui travaillent aux champs, ou les pêcheurs qui sont en mer, qu'ils sont ménacés du mauvais tems; et sur cet avis tout le monde rentre. grande ancienneté de cette pratique est prouvée par le tradition constante et unanime du pays, et par une lettre du P. Imperati benedictin, datée de 1602, dans laquelle il dit, en faisant allusion à cet usage des habitans de Duino:66 Igne

La

*Caesaris Comment. de Bello Africano, cap. vi.

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et hastâ hi mire utuntur ad imbres, grandines procellasque praesagiendas, tempore praesertim aestivo.* M. Watson rapporte, dans les Transactions Philosophiques,† que, selon plusieurs rélations venues de France, M. Binon, curé de Plauzet, avoit assuré, que pendant vingt-sept ans qu'il y a résidé, les trois pointes de la croix du clocher paroissoient environneès d'un corps de flamme, dans les grandes tempêtes; et que quand ce phénomene s'étoit montré, la tempête n'etoit plus à craindre, le calme succédant aussi-tôt. M. Pacard, secrétaire de la paroisse du prieuré de la montagne de Breven, vis-à-vis le mont Blanc, faisant creuseur les fondemens d'un chalet qu'il vouloit construire dans les prairies de Plianpra, il survint un violent orage, pendant lequel il se réfugia sous un rocher peu éloigné, et il vit le feu electrique tomber à plusieurs reprises sur la tête d'un grand levier de fer planté en terre qu'il avoit laissé en se retirant. Si on monte sur la cîme d'une montagne, on pourra être electrisé dans certaines circonstances immédiatement, et sans appareil par une nuée orageuse, comme le sont les pointes des girouttes et des mâts, c'est ce qu'ont éprouvé en 1767, M. M. Pictet, de Saussure et Jallabert, fils, sur la cîme du Breven. Le premier de ces sçavans, à mesure qu'il marquoit sur son plan la position de quelque montagne, en demandoit le nom aux guides qu'on avoit pris, et pour la leur désigner, il la montroit du doigt en élevant la main. "Il s'appercut que chaque fois qu'il faisoit ce geste, il sentoit au bout de son doigt une espece de frémissement, ou de picotement, semblable à celui qu'on

*Lettera di Gio. Fortunato Bianchini. dott. medic. intorno un nuovo fenomeno elettrico, all. Acad. R. di Secinze di Parigi, 1758. Memoires de l'Académie des Sciences, 1764, page 408, et suiv.

+ Transactions Philosophiques, tom. xlviii. partie 1. page 210. Voyage dans les Alpes, &c. tom. ii. p. 56.

epreuve lorsque l'on s'approche d'un globe de verre fortement électrisé." L'electriticité d'un nuage orageux, qui étoit visà-vis fut la cause de cette sensation. L'effet fut le même sur les compagnons et les guides du voyage; et la force de l'electricité augmentant bientôt la sensation produite par l'electricité, devint à chaque instant plus vive, elle étoit même accompagnée d'un espece de sifflement. M. Tallebert, qui avoit un galon à son chapeau, entendoit au tour sa tête un bourdonnement effrayant, que les autres personnes entendirent aussi quand elles mirent ce même chapeau sur les têtes.

On tiroit des etincelles du bouton d'or de ce chapeau, de même que de la virole de métal d'un grand baton. L'orage pouvant devenir dangereux, on descendit à dix ou douze toises plus bas, où on ne sentit plus d'electricitè. Bientôt après il survint une petite pluie, l'orage se dissipa, et on remonta au sommet, où on ne trouva plus aucun signe d'electricité.*-Berth. Elec. Met.

P. S. M. Howard mentions a luminous appearance in the clouds, on the 31st March, 1812, as 66 an extensive appearance of light in the clouds to the West, with rapid corruscations passing through them, in the manner of an aurora borealis. This phaenomenon was apparently not more elevated than the cloud then occupying the sky, and was certainly not produced by a light situate below them. It continued twenty or thirty minutes."-Nicholson's Phil. Jour. March, 1812.

I refer the reader also to various accounts of the Feux St. Elme, and other curious electrical phaenomena, in Bertholon Elec. Met. above quoted.

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Voyage dans les Alpes, &c. tom. ii. page 55.-Histoire de l'Académie, 1767, p. 33.

[blocks in formation]

Direction of Currents above, known by Clouds or Air Balloons.

Force of the Wind, determined by an Anemometer.

Whether the Wind is in Gusts, or moves uniform.

Modifications of Cloud.

General Appearance of the Weather, whether Stormy or Calm, &c.
Whether Lightning, Meteors, Halo, or other occasional Phaenomena.
Indications by Electrometer.

By De Luc's Column.

What Diosemeia, or Prognosticks noticed.

First and latest appearance of Migratory Birds.

What Diseases of Men, Animals, or Vegetables, most prevalent. Times of Plants flowering.

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meteorology, &c. should be made several times a day. common use: in which observations on the instruments of meteorological journal, than I have hitherto observed in I subjoin the following plan of a more perfect kind of

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