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que le pouvoir civil et l’ecclésiastique soient encore tempérés par l'autorité politique.

CHAPITRE XX X.

Continuation du même sujet. C'est la fureur des votique qui a établi que la disgrace du per entraîneroit celle des enfants et des femmes. Ils sont déja malheureux sans être criminels; et d'ailleurs il faut que le prince laisse entre l'accusé et lui des suppliants pour adoucir son courroux ou pour éclairer sa justice.

C'est une bonne coutume des Maldives (1) que, lorsqu'un seigneur est disgracié, il va tous les jours faire sa cour au roi, jusqu'à ce qu'il rentre en grace; sa présence désarme le courroux du prince.

Il y a des états despotiques (2) où l'on pense que de parler à un prince pour un disgracié, c'est manquer au respect qui lui est dû. Ces princes semblent faire tous leurs efforts pour se priver de la vertu de clémence.

Arcadius et Honorius, dans la loi (3) dont j'ai tant parlé (4), déclarent qu'ils ne feront

(1) Voyez l'rançois Pirard.-(2) Comme aujourd'hui en Perse, au rapport de M. Chardin. Cet usage est bien ancien. « On mit Cavade, dit Procope, dans « le château de l'oubli. Il y a une loi qui défend de « parler de ceux qui y sont enfermés, et mime de. « prononcer leur nom. »----(3) La loi V, au code ad leg. Jul. maj.- (4) Au chapitre VIII de ce livre.

point de grace à ceux qui oseront les supplier pour les coupables (1). Cette loi étoit bien mauvaise, puisqu'elle est mauvaise dans le despotisme mème.

La coutume de Perse, qui permet à qui veut de sortir du royaume , est très bonne : et, quoique l'usage contraire ait tiré son origine du despotisme, où l'on a regardé les sujets comme des esclaves ( 2 ), et ceux qui sortent comme des esclaves fugitifs, cependant la pratique de Perse est très bonne pour le despotisme , où la crainte de la fuite ou de la retraite des redevables arrête ou modere les persécutions des bachas et des exacteurs.

(1) Fridéric copia cette loi dans les constitutions de Naples, liv. I.—(2) Dans les monarchies il y a ordinairement une loi qui défend à ceux qui ont des emplois publics de sortir du royaume sans la permission du prince. Cette loi doit être encore établie dans les républiques. Mais dans celles qui ont des institntions singulieres, la défense doit être générale, pour qu'on n'y rapporle pas les moeurs étrangeres.

: LIVRE XIII.

DES RAPPORTS QUE LA LEVÉE DES TRIBUTS ET LA GRAN DEUR DES REVENUS PUBLICS ONT AVEC LA LIBERTÉ.

CHAPITRE PREMIER.

Des revenus de l'état. Les revenus de l'état sont une portion que chaque citoyen donne de son bien pour avoir la sûreté de l'autre, ou pour en jouir agréable vent.

Pour bien fixer ces revenus, il faut avoir égard et aux nécessités de l'état et aux nécessités des citoyens. il ne aut point prendre au peuple sur ses besoins réels pour des besoins de 'état imaginaires.

Les besoins imaginaires sont ce que demandent les passions et les toiblesses de ceux qui gouvernent, le charme d'un projet extraordinaire, l'envie malade d'une vaine gloire , et une certaine impuissance d'esprit contre les fantaisies. Souvent ceux qui, avec un esprit inquiet, étoient sous le prince à la tête des affaires, ont pensé que les besoins de l'état étoient les besoins d: leurs petites ames.

Il n'y a rien que la sagesse et la prudence doivent plus régler, que cette portion qu'on ôte et cette portion qu'on laisse aux sujets.

Ce n'est point à ce que le veuple peut donner qu'il faut mesurer les revenus publics, mais à ce qu'il doit douner; et si on les mesure à ce qu'il peut donner, il faut que ce soit du moins à ce qu'il peut toujours donner.

· CHAPITRE 11.

Que c'est mal raisonner de dire que la grandeur des

tributs soit bonne par elle-même.

Ona vu, dans de certaines monarchies, que de.petits pays exempts de tributs étoient aussi misérables que les lieux qui toủt autour en étoient accablés. La principale raison en est que le petit état entouré ne peut avoir d'ındustrie, d'arts , ni de manufactures, parcequ'à cet égard il est gêné de miile manieres par le grand état dans le uel il est enclavé. Le grand état qui l'entoure a l'industrie , les manufactures, et les arts; et il fait des réglements qui lui en procurent tous les avantages. Le petit état devient donc nécessairement pauvre, quelque peu d'impôts qu'on y leve.

On a pourtant conclu de la pauvreté de ces petits pays que, ponr que le peuple fût industrieux, il falloit des charges pesantes. On auroit mieux fait d'en conclure qu'il n'en faut pas. Ce sont tous les misérables des environs qui se retirent dans ces lieux-là pour ne rien faire: déja découragés par l'accablement du travail, ils font consister toute leur félicité dans leur paresse.

L'effet des richesses d'un pays, c'est de mettre de l'ambition dans tous les cours. L'effet de la pauvreté est d'y faire naître le déses poir. La premiere s'irrite par le travail; l'autre se console par la paresse.

La nature est juste envers les hommes; elle les récompense de leurs peines; elle les rend laborieux, parcequ'à de plus grands travaux elle attache de plus grandes récompenses.Mais, si un pouvoir arbitraire ôte les récompenses de la nature, on reprend le dégoût pour le travail, et l'inaction paroît être le seul bien.

CHAPITRE III. Des tributs dans les pays où une partie du peuple

est esclave de la glebe. LESCLAVAGE de la glebe s’établit quelquefois après une conquête. Dans ce cas, l'esclave qui cultive doit être le colon partiaire du maitre. Il n'y a qu'une société de perte et de gain qui puisse réconcilier ceux qui sont destinés à travailler avec ceux qui sont destinés à jouir.

CHAPITRE IV.

D'une république en cas pareil. LORSQU'UNE république a réduit une nation à cultiver les terres pour elle, on n'y doit point souffrir que le citoyen puisse augmenter le tribut de l'esclave. On ne le permettoit point

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