Oeuvres de Jean Racine, Volume 2

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Chez Le Dentu, 1813 - French drama
 

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Page 170 - Ce n'est point une nécessité qu'il y ait du sang et des morts dans une tragédie; il suffit que l'action en soit grande, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s'y ressente de cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la tragédie.
Page 171 - Il y en a qui pensent que cette simplicité est une marque de peu d'invention. Ils ne songent pas qu'au contraire toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien...
Page 99 - J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue : Immobile, saisi d'un long étonnement , Je l'ai laissé * passer dans son appartement. J'ai passé dans le mien. C'est là que , solitaire, De son image en vain j'ai voulu me distraire. Trop présente à mes yeux je croyais lui parler; J'aimais jusqu'à ses pleurs que je faisais couler.
Page 222 - Pour jamais! Ah seigneur! songez-vous en vous-même Combien ce mot cruel est affreux quand on aime? Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous, Seigneur, que tant de mers me séparent de vous; Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bcrénice, Sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
Page 164 - ... que diraient Homère et Virgile, s'ils lisaient ces vers? que dirait Sophocle, s'il voyait représenter cette scène?
Page 198 - N'at-il que des Etats qu'il me puisse donner ? Depuis quand croyez-vous que ma grandeur me touche ? Un soupir, un regard, un mot de votre bouche, Voilà l'ambition d'un cœur comme le mien. Voyez-moi plus souvent, et ne me donnez rien.
Page 11 - Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie. Ma foi ! j'étais un franc portier de comédie : On avait beau heurter et m'ôter son chapeau , On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau.
Page 103 - Je m'excite contre elle, et tâche à la braver : Mais, je t'expose ici mon âme toute nue, Sitôt que mon malheur me ramène à sa vue, Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir De ces yeux où j'ai lu si longtemps mon devoir, Soit qu'à tant de bienfaits ma mémoire fidèle Lui soumette en secret tout ce que je tiens d'elle ; Mais enfin mes efforts ne me servent de rien : Mon génie étonné tremble devant le sien.
Page 9 - Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez longtemps réjoui le monde ; mais je me sais quelque gré de l'avoir fait sans qu'il m'en ait coûté une seule de ces sales équivoques et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avaient tiré.
Page 139 - Britannicus mourant excitera le zèle De ses amis, tout prêts à prendre sa querelle. Ces vengeurs trouveront de nouveaux défenseurs, Qui, même après leur mort, auront des successeurs ; Vous allumez un feu qui ne pourra s'éteindre. Craint de tout l'univers, il vous faudra tout craindre , Toujours punir, toujours trembler dans vos projets, Et pour vos ennemis compter tous vos sujets.

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