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merce même y devoit mettre cette limitation, que les dettes contractées par le pere depuis que le fils avoit commencé à faire le commerce n'affecteroient point les biens acquis par celui-ci. Un négociant doit toujours connoître ses obligations, et se conduire à chaque instant suivant l'état de sa fortune.

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XÉNoPHoN , au livre des Revenus, voudroit qu'on donnât des récompenses à ceux des préfets du commerce qui expédient le plus vîte les procès. Il sentoit le besoin de notre juridiction consulaire. Les affaires du commerce sont très peu susceptibles de formalités : ce sont des actions de chaque jour, que d'autres de même nature doivent suivre chaque jour ; il faut donc qu'elles puissent être décidées chaque jour. Il en est autrement des actions de la vie qui influent beaucoup sur l'avenir, mais qui arrivent rarement. On ne se marie guere qu'une fois; on ne fait pas tous les jours des donations ou des testaments; on n'est majeur qu'une fois. Platon (1)dit que, dans une ville où il n'y a point de commerce maritime, il faut la moitié moins de lois civiles; et cela est très vrai. Le commerce introduit dans le même pays diffé

(1) Des lois, liv. VIII.

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rentes sortes de peuples, un grand nombre de conventions, d'especes de biens, et de manieres d'acquérir. Ainsi, dans une ville commerçante, il y a moins de juges et plus de lois.

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Tn EoPHILE (1)voyant un vaisseau où il y avoit des marchandises pour sa femme Théodora, le fit brûler. « Je suis empereur, lui dit-il, « et vous me faites patron de galere. En quoi « les pauvres gens pourront-ils gagner leur « vie, si nous faisons encore leur métier ?» Il auroit pu ajouter : Qui pourra nous réprimer si nous faisons des monopoles ? Qui nous obligera de remplir nos engagements ? Ce commerce que nous faisons, les courtisans voudront le faire; ils seront plus avides et plus injustes que nous. Le peuple a de la confiance en notre justice; il n'en a point en notre opulence : tant d'impôts qui font sa misere sont des preuves certaines de la nôtre.

CHAPITR E xx. ' ' ' . Continuation du même sujet.

Loas ou E les Portugais et les Castillans dominoient dans les Indes orientales, le com

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merce avoit des branches si riches que leurs princes ne manquerent pas de s'en saisir. Cela ruina leurs établissements dans ces parties-là.

Le viceroi de Goa accordoit à des particuliers des privileges exclusifs. On n'a point de confiance en de pareilles gens; le commerce est discontinué par le changement perpétuelde ceux à qui on le confie ; personne ne ménage ce commerce , et ne se soucie de le laisser perdu à son successeur ; le profit reste dans des mains particulieres, et ne s'étend pas assez.

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IL est contre l'esprit du commerce que la noblesse le fasse dans la monarchie. « Cela « seroit pernicieux aux villes, disent ( 1 ) les « empereurs Honorius et Théodose, et ôteroit « entre les marchands et les plébéiens la facilité « d'acheter et de vendre. » -

Il est contre l'esprit de la monarchie que la noblesse y fasse le commerce. L'usage qui a permis en Angleterre le commerce à la noblesse est une des choses qui ont le plus contribué à y affoiblir le gouvernement monarchique. -

(1) Leg. nobiliores, cod. de commerc. et leg. ult. de rescind. vendit.

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DEs gens frappés de ce qui se pratique dans quelques états pensent qu'il faudroit qu'en France il y eût des lois qui engageassent les nobles à faire le commerce. Ce seroit le moyen d'y détruire la noblesse sans aucune utilité · pour le commerce. La pratique de ce pays est très sage : les négociants n'y sont pas nobles, mais ils peuvent le devenir; ils ont l'espérance d'obtenir la noblesse sans en avoir l'inconvénient actuel; ils n'ont pas de moyens plus sûrs de sortir de leur profession que de la bien faire, ou de la faire avec honneur : chose qui est ordinairement attachée à la suffisance. Les lois qui ordonnent que chacun reste dans sa profession, et la fasse passer à ses enfants, ne sont et ne peuvent être utiles que dans les états (1) despotiques, où personne ne peut ni ne doit avoir d'émulation. Qu'on ne dise pas que chacun fera mieux sa profession lorsqu'on ne pourra pas la quitter pour une autre. Je dis qu'on fera mieux sa profession lorsque ceux qui y auront excellé espéreront de parvenir à une autre. L'acquisition qu'on peut faire de la noblesse à prix d'argent encourage beaucouples négociants à se mettre en état d'y parvenir. Je

(1) Effectivement cela y est souvent ainsi établi. 'EsPR. Dxs Lo:s, 3. 6

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n'examine pas si l'on fait bien de donner ainsi aux richesses le prix de la vertu : il ya tel gouvernement où cela peut être très utile. En France, cet état de la robe qui se trouve entre la grande noblesse et le peuple, qui, sans avoir le brillant de celle - là, en a tous les privileges; cet état qui laisse les particuliers dans la médiocrité, tandis que le corps dépositaire des lois est dans la gloire; cet état encore dans lequel on n'a de moyen de se distinguer que par la suffisance et par la vertu ; profession honorable, mais qui en laisse toujours voir une plus distinguée : cette noblesse · toute guerriere qui pense qu'en quelque degré | de richesses que l'on soit il fau* faire sa fortune, mais qu'il est honteux d'augmenter son bien si on ne commence par le dissiper; cette partie de la nation qui sert tonjours avec le capital de son bien; qui, quand elle est ruinée, donne sa place à un autre qui servira avec son capital encore; qui va à la guerre pour que personne n'ose dire qu'elle n'y a pas été; qui, quand elle ne peut espérer les richesses, espere les honneurs, et, lorsqu'elle ne les obtient · pas, se console, parcequ'elle a acquis de l'honneur : toutes ces choses ont nécessairement contribué à la grandeur de ce royaume. Et si, · depuis deux ou trois siecles, il a augmenté sans cesse sa puissance, il faut attribuer cela à · la bonté de ses lois, non pas à la fortune, qui ' n'a pas ces sortes de constance. /

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