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même code pour eres; et les législe même.

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·hinois, on vit les e pour les lois et la

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MAis c'est à la Chine que les manieres sont indestructibles. Outre que les femmes y sont absolument séparées des hommes, on enseigne dans les écoles les manieres comme les mœurs. On connoit un lettré (1)à la façon aisée dont il fait la révérence. Ces choses, une fois données en préceptes et par de graves docteurs, s'y fixent comme des principes de morale, et ne changent plus. -

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Quels sont les moyens naturels de changer les mœurs et les manieres d'une nation.

Nous avons dit que les lois étoient des institutions particulieres et précises du législateur, et les mœurs et les manieres des institutions de la nation en général. De là il suit que, lorsqu'on veut changer les mœurs et ies manieres, il ne faut pas les changer par les lois, cela paroîtroit trop tyrannique; il vaut mieux les changer par d'autres mœurs et d'autres manieres. .

Ainsi, lorsqu'un prince veut faire de grands changements dans sa nation, il faut qu'il réforme par les lois ce qui est établi par les lois, et qu'il change par les manieres ce qui est éta

(1) Dit le P. du Halde.

bli par les manieres; et c'est une très mauvaise politique de changer par les lois ce qui doit être changé par les manieres. La loi qui obligeoit les Moscovites à se faire couper la barbe et les habits, et la violence de Pierre I, qui faisoit tailler jusqu'aux genoux. les longues robes de ceux qui entroient dans les villes, étoient tyranniques.Ilya des moyens pour empêcher les crimes; ce sont les peines : il y en a pour faire changer les manieres; ce sont les exemples. La facilité et la promptitude avec laquelle cette nation s'est policée a bien montré que ce prince avoit trop mauvaise opinion d'elle; et que ces peuples n'étoient pas des bêtes, comme il le disoit. Les moyens violents qu'il employoit étoient inutiles; il seroit arrivé tout de même à son but par la douceur. Il éprouva lui-même la facilité de ces changements. Les femmes étoient renfermées et en quelque façon esclaves; il les appela à la cour, il les fit habiller à l'allemande, il leur envoyoit des étoffes. Ce sexe goûta d abord une façon de vivre qui flattoit si fort son goût, sa vanité , et ses passions, et la fit goûter aux hommes. Ce qui rendit le changement plus aisé, c'est que les mœurs d'alors étoient étrangeres au climat, et y avoient été apportées par le mélange des nations et par les conquêtes. Pierre I, donnant les mœurs et les manieres del'Europe à une nation d'Europe, trouva des facilités EsPR. DEs Lois, 3. • • • - ' , ... 2

qu'il n'attendoit pas lui-même. L'empire du climat est le premier de tous les empires. H n'avoit donc pas besoin de lois pour changer les mœurs et les manieres de sa nation : il lui eût suffi d'inspirer d'autres mœurs et d'autres manieres. · En général, les peuples sont très attachés à leurs coutumes; les leur ôter violemment, c'est les rendre malheureux : il ne faut donc pas les changér, mais les engager à les changéro eux-mêmes. - | Toute peine qui ne dérive pas de la nécessité est tyrannique. La loi n'est pas un pur acte de puissance; les choses indifférentes par leur nature ne sont pas dé son ressort. cHAPITRE xv.

Influence du gouvernement domestique sur le politique.

CE changement de mœurs des femmes influera sans doute beaucoup dans le gouvernement de Moscovie.Tout est extrêmement lié: le despotisme du prince s'unit naturellement avec la servitude des femmes : la liberté des femmes avec l'esprit de la monarchic.

CHAPITRE xv I.

Comment quelqnes législateurs ont confondn les principes qui gouvernent les hommes. '

Les mœurs et les manieres sont des usages

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que les lois n'ont point établis, ou n'ont pas
pu, ou n'ont pas voulu établir.
Il y a cette différence entre les lois et les
mœurs, que les lois reglent plus les actions
du citoyen, et que les mœurs reglent plus les
actions de l'homme. Il y a cette différence
entre les mœurs et les manieres, que les pre-
mieres regardent plus la conduite intérieure,
les autres l'extérieure. -
Quelquefois, dans un état, ces choses (1)se
confondent. Lycurgue fit un même code pour

· les lois, les mœurs et les manieres; et les légis

lateurs de la Chine en firent de même.
Il ne faut pas être étonné si les législateurs
de Lacédémone et de la Chine confondirent les
lois, les mœurs et les manieres : c'est que les
mœurs représentent les lois, et les manieres
représentent les mœurs. -
Les législateurs de la Chine avoient pour
principal objet de faire vivre leur peuple tran-
quille. Ils voulurent que les hommes se res-
pectassent beaucoup; que chacun sentit à tous
les instants qu'il devoit beaucoup aux autres;
qu'il n'y avoit point de citoyen qui ne dépen-
dît, à quelque égard, d'un autre citoyen : ils
donnerent donc aux regles de la civilité la plus
grande étendue.
Ainsi, chez les peuples chinois, on vit les

(1) Moïse fit un même code pour les lois et la religion. Les premiers Romains confondirent les coutumes anciennes avec les lois.

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