Souvenirs de voyages et d'études, Volume 1

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Amyot, 1852 - Europe - 332 pages
 

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Popular passages

Page 66 - Avec ces peintures, le moyen âge ridiculisait l'humanité tout entière; il raillait sa faiblesse, son insouciance, sa vanité. Aujourd'hui, nos caricatures frappent sur les individus, au lieu de frapper sur l'homme; elles apprennent à. l'un qu'il est trop maigre, à celui-ci qu'il est trop gros, à l'autre qu'il est trop petit ; ce ne sont guère là de grandes découvertes de satire...
Page 65 - C'est la mort qui conduit; elle a hâte d'arriver. Allez-vous au bal ? voici la mort qui entre en coiffeur, le peigne à la main. Hâtez-vous, dit la jeune fille, hâtezvous ! je ne veux point arriver trop tard.
Page 65 - ... les fleurs qui devaient le parer. Le Pont de Lucerne nous montre la Mort à nos côtés et partout ; à table, où elle a la serviette autour du cou, le verre à la main et porte des santés ; dans...
Page 66 - ... la légende en mauvais vers allemands placés au bas de chaque tableau, qui aille vite et qui gagne toutes ses causes ; dans l'antichambre du ministre où, en solliciteur, l'air humble et le dos courbé, elle présente une pétition qui sera écoutée ; dans le combat, enfin, où elle court en tête des bataillons, et, pour se faire suivre, elle s'est noué le drapeau autour du cou. Toutes ces scènes imaginées avec esprit sont peintes sans beaucoup d'art ni de soin ; ce qui montre que c'étaient...
Page 60 - L'idée de cette danse est juste et vraie. Ce monde-ci est un grand bal où la Mort donne le branle. On danse plus ou moins de contredanses, avec plus ou moins de joie ; mais cette danse...
Page 60 - On danse plus ou moins de contredanses, avec plus ou moins de joie ; mais cette danse enfin, c'est toujours la mort qui la mène, et ces danseurs de tous rangs et de tous états, que sont-ils? des mourants à plus ou moins long terme. Voici un enfant qui vient au monde, bien attendu, bien désiré, bien chéri ; vous appelez cela naître, mot charmant aux oreilles maternelles, en dépit des douleurs de l'enfantement.
Page 130 - ... sa durée ; il faut se sentir au-dessus des vicissitudes politiques et se fier à son droit , qui ne peut ni passer , ni changer , plutôt qu'à la fortune toujours mobile et vaine. Aucun état, aussi bien , n'a plus de raison que l'Autriche d'avoir foi en sa force et en sa durée. Deux fois elle a vu sa capitale visitée par les armées ennemies, deux fois sa puissance a été jetée à terre et comme brisée en morceaux , deux fois l'ennemi ( et quel ennemi ! La France avec ses idées remuantes...
Page 82 - Est-ce là ce qui nous occupe et nous anime ? sont-ce là les événements de nos journées ? Non certes. Faites le voyage de Munich ! vous verrez ce que c'est que vivre et respirer du souffle des arts ; vous verrez ce que c'est que l'ardeur et la fièvre des arts, ce que c'est qu'un peuple que tient en haleine un tableau, un bas-relief, un monument. Quelqu'un me demandait ce qu'on pensait a Munich.
Page 133 - Il ya des puissances qui ont l'initiative du mouvement. L'Autriche a, en Europe, l'initiative de l'ordre et de l'affermissement. D'autres puissances sont le vent qui pousse les navires à travers la mer, l'Autriche en est le lest; elle maintient le vaisseau ; elle empêche qu'il n'oscille jamais d'une manière dangereuse. Je ne sais si l'Europe pourrait se passer davantage de la France qui donne l'élan au char de la civilisation, que de l'Autriche qui le maintient clans son orbite.
Page 62 - Vernet, le pape est placé sur la chaise triomphale (sella gestatoria ) ; il a la triple couronne sur la tète ; il a les trois doigts de la main droite levés pour bénir le peuple. Pourquoi donc le saint-père at-il le visage pâle et défait? C'est qu'il a vu sans doute quels sont ceux qui portent son triomphe. Quatre morts en habits sacerdotaux et la mitre en...

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