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favorise le retour du sang des extrémités vers le cœur. II diminue la longueur (a) de ces mêmes fibres ; il augmente donc «ncore par-là leur force. L'air chaud au . contraire relâche les extrémités des fibres , & les alonge ; il diminue donc leur force & leur ressort.

On a donc plus de vigueur dans les climats froids. L'action du cœur & la réaction des extrémités des fibres s'y font mieux, les liqueurs font mieux en équilibre, le sang est plus déterminé Vers le cœur, & réciproquement le cœur a plus de puissance. Cette force plus grande doit produire bien des effets: par exemple, plus de confiance en foimême , c'est-à-dire plus de courage; plus de connoissance de fa fupériorité , c'est-à-dire , moins de désir de la vengeance; plus d'opinion de fa fureté , c'est-à-dire , plus de franchisé , moins de soupçons, de politique tk. de ruses. Enfin, cela doit faire des caracteres bien différens. Mettez un homme dans un lieu chaud & enfermé ; il souffrira, par les raisons que je viens de dire, une défaillance de cœur très-grande. Si dans cette circonstance on va lui proposer une

( a ) On sait qu'il raccourcit le fer.

action' hardie ,;je crois qXi'onl'ytrouvera írès-peifcdisposé; sa-soibleíïe présente metfráun découragement dans son ame; il craindra tout , parce qu'il sentira qu'il ne peut rien. Les peuples des pays C'iiáuds sòrrt! timides, comme les vieillards-le-so#t ; ceux des pays froids font . cdu*a!geu>x -, Coínme le font les! jeunes gerfs1.1 Sirious saisons attention àux dernieres (a) guerres, qui font celles que nous avons le plus fous nos yeux, & da»s lesquelles nous pouvons mieux voir de certains effets légers ^ imperceptibles de loin, nous sentirons bien qiie les peuples divnord transportés dans les pays du midi (£)-, n'y ont pas fait d'aussi belles actions que leurs compatriotes', qui, combattant dans leur propre climat, y jouiísoierit de tout leur coùragë. - .'w,''h .W: .,

Lá'forée des fibres des peuples du nord-, fáitque les;fucs les plus grossiers font tirés des alimens. II en réfulte deux choses : l'une que les parties du chyle , ou de la lymphe, sont plus propres, par leur grande surface, à être appliquées fur lès fibr«s & à lesnourrir: l'autre, qu'elles

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mœurs (a) & les manieres, même celles qui paroisseat indifférentes, tomme la façon de se vêtir, sont aujourd'hui en orient comme elles étoient il y a mille ans.

(a) On voit. par un fragment de Nìcolês it Vtmas , recueilli par Constantin Porphyrogcnttc , que la coutume étoit ancienne en orient, d'envoyer étrangler un gouverneur qui déplaisoit > elle étoit du temps dw Medes.

CHAPITRE V.

Que les mauvais légijlateurs sont ceux qui ont favorise les vices du climat , & les bons sont ceux qui s'y Jònê opposés.

LES Indiens croient que le repos & le néant font le fondement de toutes choses, & la fin où elles aboutissent. Ils regardent donc l'entiere inaction comme l'état le plus parfait & l'objet de leurs désirs. Ils donnent au souverain être (£) le furnom d'immobile. Les Siamois croient que la félicité (c) fuprême consiste à n'être point obligé d'animer une machine & de faire agir un corps.

(i) Panamanack. Voyez Kircher.

(c) £j Loubtre, relation de Siam, p. 446.

Dans ces pays, où la chaleur excessive énerve &c accable , le repos est si délicieux, & le mouvement si pénible, que ce système de métaphysique paroît naturel ; & (a) Foiy legislateur des Indes, a fuivi ce qu'il sentoit, lorsqu'il a mis les hommes dans un état extrêmement passif: mais fa doctrine, née de la pareíïe du climat, la favorisant à son tour , a causé mille maux.

Les législateurs de la Chine furent plus sensés, lorsque considérant les hommes , non pas dans l'état paisible où ils seront quelque jour, mais dans l'action propre à leur faire remplir les devoirs de la vie , ils firent leur religion, leur philosophie & leurs lois toutes pratiques. Plus les causes physiques portent les hommes au repos , plus les causes morales les en doivent éloigner.

( a ) Foc veut réduire le coeur au pur vide. « Nous ♦» avons des yeux & des oreilles ; mais la perfection est » de ne voir ni entendre : une bouche, des mains &c. » la perfection est que ces membres soient dans l'inac» tion. n Ceci est tiré du dialogue d'un Philosophe Chi9o\s, rapporté par le P. du Htldt, tom, M. ^

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