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CORDELIA.

Cordelia. O

you

kind gods,
Cure this great breach in his abused nature !
The untun'd and jarring senses 0, wind up
Of this child-changed father!

Physician. So please your majesty,
That we may wake the king ? he hath slept long.

Cordelia. Be govern’d by your knowledge, and proceed ['the sway of your own will. Is he array'd ?

Gentleman. Ay, madam; in the heaviness of his sleep, We put fresh garments on him.

Physician. Be by, good madam, when we do awake him; I doubt not of his temperance. Cordelia.

Very well.
Physician. Please you, draw near.—Louder the music there.

Cordelia. O my dear father! Restoration, hang
Thy medicine upon my lips; and let this kiss
Repair those violent harms, that my two sisters
Have in thy reverence made!
Kent.

Kind and dear princess !
Cordelia. Had you not been their father, these white flakes
Had challeng'd pity of them. Was this a face
To be expos'd against the warring winds?
To'stånd against the deep dread-bolted thunder?
In the most terrible and nimble stroke,
Of quick cross lightning? to watch (poor perdu !)
With this thin helm ? Mine enemy's dog,
Though he had bit me, should have stood that night
Against my fire: And wast thou fain, poor father,
To hovel thee swine, and rogues forlorn,
In short and musty straw? Alack, alack!
'Tis wonder that thy life and wits at once.
Had not concluded all.—He wakes; speak to him.

KING LEAR.Act IV. Scene VII.

CORDÉLIE.

Cordélie. O dieux cléments ! réparez l'immense brèche faite à la raison égarée d'un père redevenu enfant; remettez d'accord l'instrument de son intelligence dérangée !

Le Médecin. Votre majesté veut-elle permettre qu'on éveille le roi ? Il a dormi longtemps.

Cordélie. Agissez selon les prescriptions de votre art, et faites ce que vous jugerez convenable. Est-il habillé ?

L'Oficier. Oui, madame; pendant son sommeil profond nous avons changé ses vêtements.

Le Médecin. Madame, soyez auprès de lui au moment où nous l'éveillerons; je ne doute pas qu'il ne soit parfaitement calme.

Cordélie. Fort bien.

Le Médecin. Veuillez approcher.—Que la musique joue sur un ton plus éleve!

Cordélie. O mon père bien-aimé! que le contact de mes lèvres porte la guérison dans ton intelligence, et que ce baiser répare le mal affreux qu'ont fait mes deux seurs à ta personne sacrée !

Kent. Bonne et adorable princesse !

Cordélie. Quand tu n'aurais pas été leur père, ces cheveux blancs n'auraient-ils

pas dû commander leur pitié ? Ce visage était-il fait pour être exposé à la fureur des autans, aux terribles détonations de la foudre, aux redoubtables effets du feu croisé des éclairs ? Fallait-il t'envoyer en enfant perdu lutter contre les éléments, tête nue et sans défense ? Par une nuit semblable, le chien de mon ennemi, quand il m'aurait mordue, aurait trouvé place au coin de mon feu. Et toi, ô mon vieux père! il t'a fallu chercer un abri dans une chétive cabane, confondu sur la paille avec les pourceaux et les malheureux sans asile! Hélas ! hélas ! je m'étonne que tu n'aies pas perdu la vie en même temps que la raison.Il's'éveille.—Parlez-lui.

Le Roi LEAR.— Acte IV. Scène VII.

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