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Quæ ne monstra pii paterentur talia Troes
Delati in portus, neu litora dira subirent,
Neptunus ventis implevit vela secundis,
Atque fugam dedit, et præter vada fervida vexit.

Jamque rubescebat radiis mare, et æthere ab alto Aurora in roseis fulgebat lutea bigis,

Quum venti posuere, omnisque repente resedit
Flatus, et in lento luctantur marmore tonsæ.
Atque hic Eneas ingentem ex æquore lucum
Prospicit. Hunc inter fluvio Tiberinus amœno,
Vorticibus rapidis, et multa flavus arena,
In mare prorumpit: variæ circumque supraque
Adsuetæ ripis volucres et fluminis alveo
Æthera mulcebant cantu, lucoque volabant.
Flectere iter sociis terræque advertere proras
Imperat, et lætus fluvio succedit opaco.

Nunc age, qui reges, Erato, quæ tempora rerum, Quis Latio antiquo fuerit status, advena classem Quum primum Ausoniis exercitus adpulit oris, Expediam, et primæ revocabo exordia pugnæ. Tu vatem, tu, diva, mone. Dicam horrida bella, Dicam acies, actosque animis in funera reges, Tyrrhenamque manum, totamque sub arma coactam Hesperiam. Major rerum mihi nascitur ordo,

Craignant ce sort affreux pour les enfants de Troie,
Le dieu des mers lui-même à l'instant leur envoie
Un vent qui les enlève à ces bords dangereux;
Et l'île et ses rochers ont déja fui loin d'eux.

Le jour vient; des rayons de la naissante aurore,
La mer au loin rougit, et l'Olympe se dore;
Tout-à-coup l'air se tait, le vent meurt, le flot dort.
Aussitôt les nochers ont redoublé d'effort;
Tous ont pris l'aviron, et de l'onde immobile
Fatiguent à l'envi la paresse indocile.
Énée alors découvre un bois vaste et riant;
Le Tibre le partage, et son onde en fuyant
Dans la profonde mer rapidement entraîne
Le cristal de ses eaux et l'or de son arène;
Mille oiseaux différents de plumage et de voix,
Amoureux de ce fleuve, élèves de ces bois,

De rameaux en rameaux courant, volant sans cesse,
Charmoient de leurs doux sons la rive enchanteresse.
Là le héros aborde, et l'onde et les oiseaux
Semblent de leur doux bruit saluer ses vaisseaux.
O Muse! c'est à toi maintenant de me dire
Quels rois du Latium se partageoient l'empire,
Quels étoient son pouvoir, ses habitants, ses dieux,
Quand le peuple troyen aborda dans ces lieux.
Dis-moi de leurs combats la première origine:
Parle, remplis mon cœur de ta flamme divine.
Je peindrai le carnage inondant les sillons,
Les souverains armés et leurs fiers bataillons.
Déja sont déployés les drapeaux d'Étrurie,
Déja l'horrible guerre embrase l'Hespérie.

Majus opus moveo. Rex arva Latinus et urbes
Jam senior longa placidas in pace regebat.
Hunc Fauno et nympha genitum Laurente Marica
Adcipimus. Fauno Picus pater; isque parentem
Te, Saturne, refert; tu sanguinis ultimus auctor.
Filius huic, fato divum, prolesque virilis
Nulla fuit, primaque oriens erepta juventa est.
Sola domum et tantas servabat filia sedes,
Jam matura viro, jam plenis nubilis annis.
Multi illam magno e Latio totaque petebant
Ausonia: petit ante alios pulcherrimus omnes
Turnus, avis atavisque potens, quem regia conjux
Adjungi generum miro properabat amore;
Sed variis portenta deum terroribus obstant.

Laurus erat tecti medio, in penetralibus altis, Sacra comam, multosque metu servata per annos; Quam pater inventam, primas quum conderet arces, Ipse ferebatur Phoebo sacrasse Latinus, Laurentisque ab ea nomen posuisse colonis. Hujus apes summum densæ, mirabile dictu (2)! Stridore ingenti liquidum trans æthera vectæ, Obsedere apicem; et, pedibus per mutua nexis,

Viens; dans ce grand sujet, plus digne encor de toi, Un théâtre plus vaste est ouvert devant moi.

Le vieux roi Latinus dans une paix profonde
Dès long-temps gouvernoit cette terre féconde.
La nymphe Marica, si chère aux Laurentins,
Et Faune, dieu champêtre adoré des Latins,
Lui donnèrent le jour; Faune eut Picus pour père;
Et du sang de Picus l'orgueil héréditaire
Remontoit à Saturne, aïeul de ses aïeux.
Un fils héritoit seul de ce nom glorieux,
Mais la mort l'enleva dans sa tendre jeunesse.
Espoir d'un si beau trône, une jeune princesse
A passé la saison de la virginité,

Et le temps pour l'hymen a mûri sa beauté.
Avant que sur ces bords parût le grand Énée,
Cent princes aspiroient à ce noble hyménée;
Turnus, le plus vaillant et le plus beau de tous,
Brigue avec plus d'espoir le nom de son époux :
Il a pour lui son rang, sa vaillance, et la reine;
Mais le destin s'oppose à cette illustre chaîne,
Et fait parler des dieux l'inflexible refus.

Au milieu du palais, de ses rameaux touffus
Un laurier étendoit l'ombrage pacifique;

Le peuple avec respect voyoit cet arbre antique :
Aux lieux, où de Laurente on fondoit les remparts,
De Latinus, dit-on, il frappa les regards;
Lui-même au dieu du jour consacra son feuillage:
Laurente en prit son nom. Tel qu'un bruyant nuage,
Un jour vint se poser sur l'un de ses rameaux
Un essaim, dont les pieds, en flexibles anneaux,

Examen subitum ramo frondente pependit.
Continuo vates: « Externum cernimus, inquit,
Adventare virum, et partes petere agmen easdem
Partibus ex isdem, et summa dominarier arce. »
Præterea, castis adolet dum altaria tædis,
Ut juxta genitorem adstat Lavinia virgo,
Visa, nefas! longis comprendere crinibus ignem,
Atque omnem ornatum flamma crepitante cremari;
Regalesque adcensa comas, adcensa coronam
Insignem gemmis; tum fumida lumine fulvo
Involvi, ac totis vulcanum spargere tectis.
Id vero horrendum ac visu mirabile ferri:
Namque fore inlustrem fama fatisque canebant
Ipsam, sed populo magnum portendere bellum.

At rex sollicitus monstris, oracula Fauni Fatidici genitoris adit, lucosque sub alta Consulit Albunea (3), nemorum quæ maxima sacro Fonte sonat, sævamque exhalat opaca mephitim. Hinc Italæ gentes, omnisque OEnotria tellus, In dubiis responsa petunt. Huc dona sacerdos

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