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AG 1975

1024

1,5

L'ÉNÉIDE.

LIVRE VII.

T. V. ÉNÉIDE. III.

1

LIBER SEPTIMUS.

Tu quoque

litoribus nostris, Æneia nutrix,

Eternam moriens famam, Caieta, dedisti:

Et nunc servat honos sedem tuus, ossaque nomen Hesperia in magna, si qua est ea gloria, signat.

alta quierunt

At pius exsequiis Æneas rite solutis, Aggere composito tumuli, postquam Æquora, tendit iter velis, portumque relinquit. Adspirant auræ in noctem, nec candida cursus Luna negat; splendet tremulo sub lumine pontus. Proxima Circææ raduntur litora terræ,

Dives inaccessos ubi Solis filia lucos

Assiduo resonat cantu, tectisque superbis

Urit odoratam nocturna in lumina cedrum,
Arguto tenues percurrens pectine telas.
Hinc exaudiri gemitus iræque leonum

Vincla recusantum, et sera sub nocte rudentum (');
Sætigerique sues, atque in præsepibus ursi
Sævire, ac formæ magnorum ululare luporum:
Quos hominum ex facie dea sæva potentibus herbis
Induerat Circe in voltus ac terga ferarum.

LIVRE SEPTIÈME.

ET toi, de mon héros nourrice bien aimée,
De nos bords, en mourant, tu fis la renommée,
O Caïéte, et ton nom protège ton cercueil,
Que l'antique Hespérie honore avec orgueil.

Lorsque, par les honneurs qu'il se plaît à lui rendre,

Son héroïque élève a satisfait sa cendre,

Il part, reprend sa route, et s'éloigne du port.

Pour lui, la mer, les vents, et les cieux sont d'accord;

Et, pour guider son cours, la lune complaisante
Éclaire au loin les eaux de sa clarté tremblante.

Il vole, il voit déja le trop fameux séjour
Où la belle Circé, fille du dieu du jour,
Modulant avec art sa voix mélodieuse,
Charme de ses doux chants son île insidieuse;
Tantôt dans son palais, où des bois précieux
Prodiguent dans la nuit leurs parfums et leurs feux,
D'un tissu varié, doux charme de ses veilles,
Ourdit d'un doigt léger les brillantes merveilles.
Là grondoient enfermés, et de rage écumants,
Tous ces monstres créés
par ses enchantements,
Qui, par elle privés de leurs formes humaines,
Ours, tigres, sangliers, lions chargés de chaînes,
La nuit se débattoient, luttoient contre leurs fers,
Et d'affreux hurlements épouvantoient les airs.

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