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DES

IDÉES MORALES ET POLITIQUES

EN FRANCE AU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

PAR

M. JULES BARNI

Professeur à l'Académie de Genève.

TOME PREMIER

INTRODUCTION.

L'ABBÉ DE SAINT-PIERRE. - MONTESQUIEU.

VOLTAIRE.

PARIS
GERMER BAILLIÈRE, LIBRAIRE - ÉDITEUR

Rue de l'École-de-Médecine, 17.
Londres

New-York
Elipp. Baillére, 949, Regent street. Baillière brothers, 440, Broadway.
MADRID, C. PAILLY-BAILLIÈRE, FLAZA DEL PRINCIPE Alfonso, 18.

1865

Tous droits réservés.

AVANT-PROPOS.

Appelé en 1861 à donner un cours public à l'Académie de Genève, en attendant l'enseignement ordinaire dont j'y devais être chargé, je ne crus pas pouvoir choisir un meilleur sujet que l'histoire des idées morales et politiques au dix-huitième siècle. L'intérêt avec lequel ce cours fut suivi par mon jeune auditoire, composé en partie d’étudiants français, me donna l'idée de le publier : j'espérais que ce même intérêt qu'il avait excité chez mes auditeurs, il le retrouverait encore parmi le public des lecteurs, surtout des jeunes lecteurs, ou de ceux dont l'âme est restée jeune ; et je commençai aussitôt à le rédiger. Malheureusement ce n'est

que cette année qu'il m'a été possible, grâce à M. Germer Baillière, d'en effectuer la publication; mais, en revoyant mes leçons après ces quatre ans écoulés, je les ai jugées tout aussi utiles à publier aujourd'hui qu'à cette époque, et je n'ai même rien trouvé de mieux à faire que de les laisser telles qu'elles avaient été prononcées, sauf rédaction, en 1861. Je prie seulement le lecteur de ne pas chercher dans ce livre autre chose qu'un cours, et dans ce cours autre chose qu'un enseignement destiné à des jeunes gens. Aussi est-ce surtout aux jeunes gens que je l'adresse.

Je prie aussi le lecteur de ne pas se méprendre sur l'objet que j'ai eu en vue, mais que le titre un peu général auquel j'ai dû m'en tenir n'exprime pas d'une manière suffisamment précise. Ce que j'ai surtout voulu faire, c'est de tracer, sous la forme d'une revue vivante des principaux penseurs du dix-huitième siècle, une sorte d'inventaire raisonné des idées morales et politiques qui se sont produites alors avec tant d'éclat et ont préparé la ré

novation sociale entreprise par la Révolution française, mais qui depuis, par l'effet d'une réaction funeste, ont été systématiquement dépréciées, quand elles n'ont pas été hypocritement invoquées et perverties. Je me suis proposé par là deux choses : d'une part, de réparer, avec une reconnaissance en quelque sorte filiale, mais aussi avec une entière liberté d'appréciation , une injustice historique trop répandue; et, d'autre part, de rappeler aux nouvelles générations les grands principes que le dix-huitième siècle nous a légués, et qui, complétés ou au besoin rectifiés, doivent former comme l'évangile social des temps nouveaux. Puissent-elles, en se retrempant à ces sources vives où je les convie, y retrouver un peu de la vigueur qui nous est nécessaire pour relever l'ouvre de nos pères et la couronner dignement !

Un second volume, qui comprendra Rousseau, Diderot et d'Alembert, suivra de très-près celui-ci. Là s'arrête le cours public que j'ai professé en 1861 ; mais, si mes lecteurs désirent la continua

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