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TY ANs la république de Hollande, une -^ province ne peut faire une alliance sans le consentement des autres (e). Cette loi est très - bonne , & même nécessaire, dans la république fédérative. Elle manque dans la constitution Germanique, où elle préviendroit les malheurs qui y peuvent arriver à tous les membres , par l'imprudence, l'ambition , ou l'avarice d'un seul. Une république qui s'est unie par une confédération politique , s'est donnée

entiere, & n'a plus rien à donner. Il est difficile que les états qui s'associent, soient de même grandeur, & aient une puissance égale. La république des Lyciens (*) étoit une association de vingttrois villes ; les grandes avoient trois voix dans

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dans le conseil commun ; les médiocres,
deux; les petites, une. La république de
Hollande est composée de sept provinces,
grandes ou petites, qui ont chacune une
VO1X. -
Les villes de Lycie (f) payoient les
charges selon la proportion des suffrages.
Les provinces de Hollande ne peuvent sui-
vre cette proportion ; il faut qu'elles sui-
vent celle de leur puissance. -
En Lycie (4), les juges & les magis-

trats des villes étoient élus par le conseil

commun , & selon la proportion que nous avons dite. Dans la république de Hollande, ils ne sont point élus par le conseil commun, & chaque ville nomme ses magistrats (f). S'il falloit donner un modele d'une belle république fédérative, je prendrois la république de Lycie.

(+) Strabon, Liv. XIV.

(|) Ibid.

(f) L'election ne se fait point également dans les différentes Provinces de la République de Hol. lande; & même elle ne se fait point de la même maniere dans toutes les villes d'une même Pro. vince. (R. d'un A.)

C H A.

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Il est reçu en géométrie, que plus les corps ont d'étendue , plus leur circonférence est relativement petite. Cette pratique , de dévaster les frontieres, est donc plus tolérable dans les grands états que dans les médiocres.

Cet état fait contre hui - même tout le mal que pourroit faire un cruel ennemi, mais un ennemi qu'on ne pourroit arrêter,

L'état despotique se conserve par une autre sorte de séparation, qui se fait en mettant les provinces éloignées entre les mains d'un prince qui en soit feudataire (i). Le Mogol , la Perse, les empereurs de la Chine ont leurs feudataires; & les Turcs se sont très - bien trouvés d'avoir mis , entre leurs ennemis & eux , les Tartares, les Moldaves , les Valaques, & autrefois les Transilvains.

(i) Voilà un moyen qui convient également à toutes sortes d'Etats, dès que la constitution ne permet point une étendue de gouvernement nécessaire pour des Provinces éloignées. (R. d'uu A)

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