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C H A P I T R E XII. De la tutelle des femmes chez les Romains.

I E s institutions des Romains mettoient les femmes dans une perpétuelle tutelle,

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Des peines établies par les empereurs
contre les débauches des
femmes.

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loi, & celles que l'on fit depuis là - dessus , fuisent une marque de la bonté des mœurs, elles furent au contraire une mar

que de leur dépravation. Tout le système politique à l'égard des femmes changea dans la monarchie. Il ne fut plus question d'établir chez elles la pureté des mœurs, mais de punir leurs crimes. On ne faisoit de nouvelles loix pour punir ces crimes , que parce qu'on ne punissoit plus les violations , qui n'é

toient point ces crimes. L'affreux débordement des mœurs obligeoit bien les empereurs de faire des loix pour arrèter à un certain point l'impudicité : mais leur intention ne fut pas de corriger les mœurs en général. Des faits positifs rapportés par les historiens prouvent plus cela que toutes ces loix ne sauroient prouver le contraire. On peut voir dans Dion la conduite d'Auguste à cet égard ; & comment il éluda, & dans sa préture & dans sà censure, les demandes qui lui furent faites (o). -- On

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Auguste & Tibere songerent principalement à punir les débauches de leurs parentes. Ils ne punissoient point le déréglement des mœurs , mais un certain crime d'impiété ou de leze- majesté (f) qu'ils avoient inventé , utile pour le respect, utile pour leur vengeance. De - là vient que les auteurs Romains s'élevent si fort contre cette tirannie.

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La peine de la loi Julie étoit légere (|). Les empereurs voulurent que dans les jugemens on augmentât la peine de la loi qu'ils avoient faite. Cela fut le sujet des invectives des historiens. Ils n'examinoient pas si les femmes méritoient d'ètre punies, mais si

l'on avoit violé la loi pour les punir. · Une des principales tirannies de Tibere (S ) fut l'abus qu'il fit des anciennes loix. Quand il voulut punir quelque dame Romaine au - delà de la peine portée | par la loi Julie, il rétablit contr'elles le

tribunal domestique (**).

Ces dispositions à l'égard des femmes ne regardoient que les familles des sénateurs , & non pas celles du peuple. On vouloit des prétextes aux accusations contre les grands, & les déportemens des femmes en pouvoient fournir sans nombre. Enfin

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