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Platon (o) ne peut souffrir cette vénalité. » C'est , dit - il, comme fi dans un navire on faisoit quelqu'un pilote ou matelot pour son argent. Seroit-il » possible que la regle fût mauvaise dans » quelqu'autre emploi que ce fût de la » vie, & bonne seulement pour conduire » une république * 2 Mais Platon parle d'une république fondée sur la vertu , & nous parlons d'une monarchie. Or dans une monarchie où, quand les charges ne se vendroient pas par un réglement public, l'indigence & l'avidité des courtisans les vendroient tout de mènne, le hazard donnera de meilleurs sujets que le choix du prince. Enfin, la maniere de s'avancer par les richesses inspire & entretient l'industrie ;

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d'une condamnation pour crime, mais d'un jugement de mœurs dans une république fondée sur les mœurs. Dans les monarchies , il ne faut point de censeurs : elles sont fondées sur l'honneur, & la nature de l'honneur est d'avoir pour censeur tout l'univers. Tout homme qui y manque, est soumis aux . reproches de ceux - mèmes qui n'en ont point. Là, les censeurs seroient gâtés par ceuxmèmes qu'ils devroient corriger. Ils ne seroient pas bons contre la corruption d'une monarchie ; mais la corruption d'une monarchie seroit trop forte contr'eux (o) On sent bien qu'il ne faut point de censeurs dans les gouvernemens despotiques. L'exemple de la Chine semble déroger à cette regle : mais nous verrons, dans la suite de cet ouvrage, les raisons singulieres de cet établissement.

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Conséquences des principes des divers gouvernemens, par rapport à la simplicité des loix civiles 85 criminelles , la .forme des jugemens, & l'établissement des peines. .

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De la simplicité des loix civiles dans
les divers gouvernemens.

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y jugea hier, & que la propriété & la vie des citoyens y soient assurées & fixes comme la constitution mème de l'état. Dans une monarchie, l'administration d'une juftice qui ne décide pas seulement de la vie & des biens , mais aussi de l'honneur , demande des recherches scrupuleuses. La délicatesse du juge augmente à mesure qu'il a un plus grand dépôt, & qu'il prononce sur de plus grands intérêts. Il ne faut donc pas ètre étonné de trouver dans les loix de ces états tant de regles, de restrictions, d'extensions, qui multiplient les cas particuliers, & sèmblent faire un art de la raison mème. La différence de rang, d'origine, de condition , qui eft établie dans le gouvernement monarchique, entraîne souvent des diftinctions dans la nature des biens ; & des loix, relatives à la constitution de cet état, peuvent augmenter le nombre de ces distinctions. Ainsi parmi nous, les biens sont propres, acquèts , ou conquèts dotaux, paraphernaux, paternels & maternels ; meubles de plusieurs especes ; libres , substitués , du lignage ou non , nobles en franc - aleu , ou roturiers, rentes foncieres , ou constituées à prix d'argent. Chaque sorte de biens est # à des

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